2) Est-ce qu’une BD s’étudie comme un récit ? / Faut-il privilégier le récit ou l’illustration ?On ne peut pas dissocier les deux aspects.
Une BD raconte par le dessin ET par le texte. C’est un récit qui fonctionne avec des moyens spécifiques, différents de ceux du roman, du cinéma ou du théâtre. C’est justement l’un des intérêts de l’étude de la BD : repérer et exploiter la complémentarité entre le texte (narratif ou dialogué) et les images (interprétation d’une scène, choix d’un angle de vue…). Un gros plan n’est rien si l'on ne dit pas ce qu’il apporte de sens dans un contexte précis. Une interjection, un lettrage, un cadrage, un découpage n’ont de sens que dans ce qu'ils contribuent à montrer et à transmettre.
La vraie différence avec un roman reste le
découpage en planches : en effet, dans un roman ou un récit, la mise en pages n’aura généralement pas d’influence sur la lecture du texte, alors qu’en BD, l’emplacement des vignettes dans une page est importante et la dernière vignette d’une page aura bien été choisie, généralement pour éveiller la curiosité du lecteur. Cependant, en ce qui concerne l’étude même du récit, les
étapes de nos ouvrages sont de véritables guides, conduisant soit à une étude linéaire du récit, soit à une étude thématique, ce qui, finalement, rejoint tout à fait les études possibles d’un roman. Certains accents seront mis sur des aspects visuels et scénographiques, bien sûr, mais toujours en suivant le fil conducteur du récit.
3) Comment ont été élaborés les appareils pédagogiques ?Nos appareils pédagogiques ont tous été rédigés par des
enseignants du secondaire (en collège et lycée professionnel pour la plupart) spécialistes de la bande dessinée et i
mpliqués dans son étude en classe.
Dans notre édition pédagogique, nous avons veillé à :
- éclairer au mieux la bande dessinée
- proposer les pistes d’étude les plus pertinentes, dans le respect des programmes
- offrir toutes les clés pour intégrer la bande dessinée à votre programme de cours.
La rubrique
« Présentation », en début d’ouvrage, donne des pistes biographiques sur l’auteur et des précisions sur le contexte de l’œuvre.
Vient ensuite l’œuvre intégrale (émaillée de notes de bas de pages quand nécessaire), dont la lecture n’est interrompue par aucune rubrique.
Enfin, l’après-texte, très riche, propose plusieurs étapes de lecture adaptées à la BD étudiée. Elles sont toutes composées :
– de nombreuses questions (lire, écrire, chercher, débattre, « arrêt sur image ») qui servent à éclairer l’œuvre et proposent des exercices et pistes de réflexion aux élèves ;
– d’encadrés ayant tous pour but d’apporter un éclairage utile à l’étude de l’œuvre : l’encadré « À savoir » aborde les notions d’analyse littéraire ; l’encadré « Zoom » s’arrête sur des notions propres à la BD et à la lecture d’images ; l’encadré « Repères » éclaire le contexte historique de l’œuvre si nécessaire.
On trouve également, après les étapes, la rubrique « Autres images, autres textes », qui propose des groupements thématiques de textes littéraires et d’autres BD ou images en lien avec l’œuvre étudiée. Enfin, à la fin de chaque ouvrage, un lexique BD complet propose tout le vocabulaire de la bande dessinée et de la lecture d’images.
4) Concrètement, quels thèmes et notions du programme vais-je pouvoir faire étudier à partir de chacune des BD de la collection ?Voici quelques exemples de thèmes et d’objets d’étude abordés par les 8 premiers titres de la série « Classiques & Contemporains Bande Dessinée » :
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Adèle et la Bête de Tardi : le parcours d’un personnage, la caractérisation du héros, les différents genres de récits, le schéma narratif, la Belle Époque, l’évolution de la vision de la femme, les grandes innovations scientifiques et technologiques, etc.
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Fable de Venise de Pratt : le rythme du récit, le dialogue, les différences entre fable, légende et conte, les genres « aventure » et « policier », le discours explicatif, le schéma narratif, le théâtre et la commedia dell’arte, le mythe et le vraisemblable, etc.
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La Jeunesse de Corto de Pratt : le récit d’aventures, la représentation de la guerre, le parcours des personnages, le héros, le schéma narratif, le rythme du récit, l’ellipse, le portrait, les récits-témoignages (histoire et fiction), le récit de guerre, le suspense, etc.
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Le Cimetière des Princesses de Ferrandez : l’incipit, la structure et le rythme du récit, les codes du récit d’aventure, le récit d’apprentissage, la colonisation, la décolonisation, l’orientalisme, la peinture, etc.
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Adieu Brindavoine suivi de La Fleur au fusil de Tardi : les notions de héros et d’anti-héros, l’ellipse, les registres de langue, le schéma narratif, le roman-feuilleton, le fantastique, la parodie (la caricature), la Première Guerre mondiale, etc.
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Dix de Der de Comès : les temps du récit, les indications de temps et de lieu, l’ellipse narrative, l’argumentation, les figures de style, la mythologie, le fantastique, le documentaire, la Seconde Guerre mondiale, etc.
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Les Phalanges de l’Ordre noir de Bilal et Christin : les registres de langue, l’ellipse, la métaphore, l’incipit, le dénouement, le rythme du récit, la focalisation interne, la subjectivité, le roman d’aventure, la guerre civile en Espagne (les « années de plomb »), etc.
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Appel au calme de Tito : l’incipit, les points de vue, le discours argumentatif, l’ellipse, le rythme du récit, l’article de presse et sa construction, la violence, les discriminations, le rôle des médias, etc.
5) Quand l’album en question est extrait d’une série, est-il indispensable de faire lire à mes élèves la série complète ou leur en faire un résumé ?Notre collection prévoit des
études indépendantes et donne toutes les clés en main pour l’étude de l’œuvre reproduite. Ceci étant dit, rien ne vous empêche, si vous le souhaitez, de resituer la BD en question par rapport à la série dont elle est issue. Bien souvent, le livret du professeur vous donne ces informations préalables.
6) Le format réduit modifie-t-il la lecture par rapport à la BD originale ?Notre volonté était de proposer un format suffisamment grand pour que le confort de lecture soit optimal, tout en restant dans un format proche du « poche », pour que les ouvrages puissent être proposés à
bas prix aux élèves et que les classes puissent être équipées.
Le format choisi (14,5 x 21 cm) nous permet d’allier les deux et de bénéficier d’un réel confort de lecture, tout en ayant suffisamment d’espace pour intégrer les notes de bas de pages parfois nécessaires à l’explication d’un mot de vocabulaire complexe.
Nous avons aussi choisi des titres dont le lettrage est particulièrement lisible et s’adapte bien à ce format.
Aucune coupe n’a été faite dans les bandes dessinées, puisque tous les titres que nous proposons sont des œuvres intégrales. Notre format ne modifie donc pas la lecture, puisque nous respectons les planches telles qu’elles ont été conçues.
7) Et si les élèves en savent plus que moi ?S’il est vrai que certains élèves pourront effectivement connaître beaucoup de choses sur le sujet, il n’en reste pas moins qu’ils auront toujours besoin de votre regard d’enseignant pour les décrypter et
passer d’une lecture superficielle à une analyse plus pointue… Leurs connaissances personnelles pourront enrichir les débats que vous mènerez en classe, mais l’étude de la BD en elle-même est vraiment nouvelle pour eux : il n’y a que vous, professeurs, qui pouvez allier vos connaissances dans la matière que vous enseignez à la BD étudiée. Et, de ce fait, vous ne pouvez paraître ignorants devant vos élèves puisque vous détenez le savoir nécessaire à l’étude d’une œuvre, qu’il s’agisse d’une BD ou de toute autre forme de récit. Contrairement à ce que vous pouvez penser, un élève qui s’y connaît en BD sera sans doute plus réceptif qu’un autre parce que justement l’objet BD l’intéresse. Vous lui donnerez les clés pour voir la BD comme une œuvre à part entière, à étudier en classe comme n’importe quel autre ouvrage.
8) Et si mes élèves estiment que la BD, « c’est pour les enfants »?Le fait même de proposer une édition pédagogique des albums montre que la bande dessinée est un
objet d’étude à part entière... Aujourd’hui, quantité de BD sont produites chaque année : il existe des BD jeunesse, des BD ados et des BD adultes, mais les clivages entre les âges s’estompent dans ce domaine car bien souvent, la BD a
plusieurs degrés de lecture et pourra être lue par tous les publics qui en auront une compréhension plus ou moins poussée.
Les BD que nous avons choisies pour notre collection sont plus ou moins complexes : la série «
Tendre Banlieue » s’adresse davantage aux plus jeunes, tandis que
Les Phalanges de l’Ordre noir conviendra mieux aux élèves de lycée et fin de collège, par exemple. L’appareil pédagogique est là pour accompagner l’élève pas à pas, mais il reste indispensable à la bonne compréhension de l’œuvre. De même, une fois l’ouvrage en main, les élèves se rendront compte de
l’utilité de son étude : les thématiques, le contexte historique, les codes narratifs nécessitent une analyse ; les œuvres de notre collection méritent toutes d’être lues à la lumière des explications de leurs appareils pédagogiques. C’est dans ce but qu’elles ont été choisies : avant tout et en premier lieu pour leur intérêt pédagogique en français, et parfois même en histoire, éducation civique ou art.
Ce
travail pluridisciplinaire est des plus intéressants et pour l’élève, et pour l’enseignant.
9) Pensez-vous que je puisse faire étudier la BD en classe d’histoire ?Tout dépend des thèmes abordés par la BD en question. Mais une grande majorité des titres de notre collection ont un lien avec le programme d’histoire :
Le Cimetière des Princesses avec la colonisation ;
Adieu Brindavoine et la Première Guerre mondiale ;
Dix de der et la Seconde Guerre mondiale ;
Les Phalanges de l’Ordre noir et les années de plomb, etc. Varier situations et supports dans cette matière permet de susciter l’intérêt et la motivation des élèves. La BD peut alors faire office d’exemple concret pour aborder une période, un thème historique. De plus, vous amenez les élèves, par ce biais, à questionner, analyser et juger toute source d’information, quelle qu’elle soit (ex. : distinguer le réel du fictif, etc.). Enfin, les élèves peuvent bien souvent se servir des connaissances apprises en histoire pour comprendre et exploiter une BD, et inversement. Un travail parallèle entre le professeur de français et le professeur d’histoire est alors du plus grand intérêt !