Alphonse Allais fait partie de ces auteurs que nombre d’entre nous connaissent sans l’avoir lu. On évoque ses mystifications, on rapporte ses bons mots, on lui attribue ceux des autres, mais trop souvent on en oublie l’œuvre elle-même. La figure pittoresque d’un amuseur de la Belle Époque masque l’écrivain dont l’impitoyable Jules Renard disait : « On s’amuse à dire que c’était un grand chimiste. Mais non ! C’était un grand écrivain. Il créait à chaque instant. » André Breton ne s’y trompa pas non plus, qui le mit en bonne place dans son Anthologie de l’humour noir. Sacha Guitry, Jean Cocteau, Jacques Prévert ou Raymond Devos saluent eux aussi celui que les histoires littéraires continuent à bouder. Il faudra attendre le centenaire de sa mort pour qu’il devienne un classique c’est-à-dire un auteur qu’on étudie… en classe !
« Le chef de l’école fumiste », comme le désigne un numéro de L’Hydropathe qui lui est consacré en 1880, est né le 20 octobre 1854 en Normandie. En dépit de son goût irrépressible pour les plaisanteries et les canulars, il obtient son baccalauréat ès sciences. Fils de pharmacien, il commence sa carrière dans l’officine familiale, où il poursuit sa carrière d’humoriste à coup d’expériences fumeuses, de faux médicaments ou de plaisanteries.
Arrivé à Paris, il devient l’une des figures du quartier latin et de la bohème parisienne. Il participe à des journaux en multipliant les histoires courtes dont il se fait une spécialité. Les principales publications auxquelles il participe sont Le Tintamarre (jusqu’en 1880), Gil Blas (à partir de 1899), et surtout Le chat noir. Dans ce journal, créé en 1882 par des habitués du cabaret montmartrois du même nom, Allais va occuper plusieurs postes jusqu’à devenir le rédacteur en chef. A se tordre, la première œuvre publiée par Allais, est un recueil de contes le plus souvent parus dans la revue. Dans le même temps, il créé des spectacles d’ombres, des pièces de théâtre, et participe au foisonnement artistique de la Belle Époque en s’associant à des démarches décalées ou marginales dont l’avenir montrera la fécondité.
En 1895, il épouse la fille d’un brasseur d’Angers, Marguerite Marie Gouzée, alors âgée de 26 ans. En 1896, il est admis à la Société des Gens de Lettres. Celui qui définissait la mort « comme un manque de savoir-vivre » meurt frappé d’une embolie pulmonaire le 28 octobre 1905 à l’hôtel Britannia. Il est enterré au cimetière Saint Ouen. Ultime ironie du sort, la tombe de cet anglophile convaincu sera détruite lors d’un bombardement en 1944 par une bombe… anglaise !
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Écrire,
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