Jacques Lanzmann est né en 1927 à Bois-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. De son enfance et de son adolescence, vous saurez l’essentiel après la lecture du roman Le Têtard. Ses souvenirs de Résistance sont consignés dans Qui vive ! (1965).
Sa première passion est la peinture, qui le plonge dans de véritables souffrances. D’une autre meurtrissure, il éprouve le besoin de fuir et choisit la destination au hasard – à la manière des surréalistes – en posant le doigt sur un point de la mappemonde : ce sera l’Islande. Son ennui y est tel qu’il écrit pour se relire ; Simone de Beauvoir découvrira plus tard ce premier manuscrit et le fera éditer dans la revue Les Temps Modernes. C’est ainsi que son premier ouvrage, La Glace est rompue, voit le jour (1954). Il entreprend alors des voyages, notamment en Amérique du Sud où il échappe de peu à la mort. Le Rat d’Amérique (1956) en témoigne.
Il adhère ensuite au Parti communiste, et rencontre Louis Aragon, poète et chef du Parti, qui lui propose de collaborer à sa revue Les Lettres Françaises, comme critique dramatique. Le théâtre ne lui convient pas et ses préférences l'orientent vers d’autres horizons ; les événements de Hongrie (insurrection de 1956, matée dans le sang par l’Armée rouge) l’incitent à se rendre sur place. De son voyage en URSS, il rapporte Cuir de Russie (1957).
Après son renvoi du journal, il travaille comme reporter avec Françoise Giroud. La guerre d’Algérie éclate et il y participe en cachant des indépendantistes recherchés. En 1958, il publie chez Juillard Les Passagers du Sidi-Brahim qui échappe de justesse à la censure. Il part ensuite pour Mexico et rédige successivement Un tyran sur le sable et Viva Castro (1959).
Le hasard des rencontres conduit Jacques Lanzmann à écrire des scénarios pour le cinéma, dont les plus connus sont issus de sa collaboration avec Philippe Labro : Sans mobile apparent, L’Héritier et L’Alpagueur avec Jean-Paul Belmondo, puis Le Hasard et la Violence écrit pour Yves Montand. En novembre 1963, il est présenté à Daniel Filipacchi, grand patron de presse qui lui demande de diriger le magazine “masculin” Lui. Ses problèmes d’argent se règlent d’eux-mêmes, surtout après que Wolfshon lui propose de devenir le parolier de Jacques Dutronc. Lui qui se plaignait de son bégaiement connaît un énorme succès en animant une émission de radio sur Europe 1. En outre, Jacques Lanzmann monte avec J.-C. Lattès la série “Éditions Spéciales”, crée et dirige la société “Jacques Lanzmann Seghers éditeurs”, et assure des chroniques dans le magazine VSD.
Son œuvre imposante comprend aussi bien des récits quasi autobiographiques (Le Têtard, Qui vive ! et Le Voleur de hasard) que des récits de voyages (Fou de la marche, N’oublie jamais qui nous sommes), ou de pures fictions (Mémoires d’un amnésique ou Tous les chemins mènent à soi).
Il est décédé le 21 juin 2006 à Paris.
Interviews
Jacques Lanzmann parle du Têtard
Pour la collection « Classiques & Contemporains », Jacques Lanzmann a accepté de répondre aux questions de Marie Lescure, auteur de l'appareil pédagogique du Têtard.
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« Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ?
On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine.
Écrire,
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